23/01/2009

Rapport final de l'évaluation de la qualité du dépistage cytologique du cancer du col utérin (2004/2006)

 

 
 
 
« MISE EN PLACE D'UNE EVALUATION DE LA QUALITE DU DEPISTAGE
CYTOLOGIQUE DU CANCER DU COL UTERIN EN MIDI PYRENEES »
 
 
 
 
 
 
 
 
Rapport du projet réalisé par l’AMPADC
 


 
Ce rapport présente les résultats et les conclusions du projet réalisé par l’AMPADC et intitulé« MISE EN PLACE D'UNE EVALUATION DE QUALITE DU DEPISTAGE CYTOLOGIQUE DU CANCER DU COL UTERIN EN MIDI PYRENEES »
 
 
 
L’Association Midi Pyrénéenne pour l’aide au Dépistage du Cancer,A.M.P.A.D.C, est une association loi 1901, fondée en 2003 et dont les membres actifs sont des pathologistes du secteur libéral. Elle compte actuellement 30 membres.
Son objectif est de promouvoir et de développer toutes les actions qui visent à améliorer le dépistage et le diagnostic des lésions précancéreuses et des cancers. L’AMPADC a présenté un premier projet qui a reçu l’approbation de l’URCAM en 2003 et a été subventionné par le FAQSV (fonds d’aide à la qualité des soins de ville).
Il s’agit d’une première expérience en Midi Pyrénées d’évaluation des pratiques professionnelles en Anatomie et Cytologie Pathologiques visant à évaluer et améliorer la qualité des frottis du col utérin en Midi Pyrénées. La méthodologie a été décrite lors de la présentation du projet (rapport 1 1). Plusieurs indicateurs ont été étudiés.
 
A – Evaluation de la lecture des frottis en technique conventionnelle
RESULTATS – CODIFICATION – RECOMMANDATIONS - REPRODUCTIBILITE
 
B – Initiation à une technique de frottis en milieu liquide et essai de faisabilite en Midi Pyrénées
 
C – Evaluation de la lecture des frottis en milieu liquide (frottis monocouches)
RESULTATS – CODIFICATION – RECOMMANDATIONS - REPRODUCTIBILITE
 
D – Données statistiquesdu dépistage des lésions du col utérin en Midi Pyrénées
 
E – Création d’un site internet www.cyberpathologie.com en vue de favoriser la communication, l’évaluation et l’homogénéisation des pratiques professionelles
 
 
Ces cinq volets du projet ont été initiés au cours du premier trimestre 2004, puis poursuivis en 2005 et terminés au cours du premier trimestre 2006.
 
 
 


 
 
A – Evaluation de la lecture des frottis en technique conventionnelle
RESULTATS – CODIFICATION – RECOMMANDATIONS - REPRODUCTIBILITE
 
1 - Constitution des groupes de travail
 
            2 groupes de travail de 9 membres sont constitués :
 
Le groupe 1 est constitué par  les Docteurs
Bernard Anzieu,
Françoise Baylet-Vincent,
Jacques Cornac,
Dominique Daure,
Nicole Deprade,
Muriel Jammes,
Martine Nespoulous,
Françoise Perraudeau
Teresa Savit.
 
Ainsi 8 structures anatomo-pathologiques réparties dans 6 départements sont représentées, certaines constituant l’unique structure du département :
 
31 : 4 (1 Blagnac, 2 Toulouse, 1 Fontenilles)
32 : 1 Auch
46 : 1 Cahors
47 : 1 Agen
81 : 1 Albi
82 : 1 Montauban
 
           
Le groupe 2 est constitué par les Docteurs
Isabelle Auvigne,
Lison Benouaich,
Florence Chausseray,
Anne Marie Boudat,
Brigitte Despax,
Philippe Faure,
Véronique Rolland,
Virginie Siani,
Pascal Wuithier.
 
Ainsi 7 laboratoires d’anatomie et cytologie pathologiques répartis dans 3 départements sont représentés ;
 
31 : 4 (3 Toulouse, 1 Blagnac)
81 : 1 Castre
65 : 2 Tarbes
 
            Les deux séances de travail de ce premier groupe ont eu lieu en mai 2004 et mai 2005.
Les deux séances de travail du second groupe se sont déroulées en janvier 2005 et avril 2006.
 
 Préalablement aux réunions d’un groupe de travail, une boîte de 30 cas (1 à 2 lames par cas) est distribuée à chaque participant. Cette boîte est accompagnée de la liste des cas assortis de renseignements cliniques et d’un document « réponses » à remplir (voir annexe 1). Les feuilles de réponse sont récupérées au début de chaque séance de travail.
 
Lors des séances de travail, tous les cas sont relus au microscope multitête avec échange des diagnostics portés puis accord :
-          sur le résultat final (gold standard) exprimé selon la classification Bethesda 2001,
-          sur la codification ADICAP
-          sur la conduite à tenir selon les recommandations émises par l’ANAES en 2002.
 
Des images numériques les plus représentatives des cas sont gravées sur CD puis remis aux participants ou communiquées via internet. 
 
Les remarques et discussions sont notées lors de chaque réunion par un secrétaire de séance.
 
2 – Commentaires sur les définitions, la codification des lésions et les recommandations
 
Réunion 1 du groupe 1 – mai 2004
Plusieurs cas amènent les participants à préciser certaines définitions et éléments du compte rendu.
 
Cas 3 pose le problème de la représentativité de la zone de jonction. Le reflet de la zone de jonction est jugé représentatif lorsque le frottis comporte au moins 10 cellules endocervicales cylindriques ou métaplasiques.
 
A ce sujet, le système Bethesda 2001 (TBS 2001) est rappelé. L’absence de cellule de jonction ne doit plus faire considérer un frottis comme limité par, selon le TBS 2001 qui recommande seulement de mentionner dans le CR, la qualité du reflet de la zone de jonction. Plusieurs exemples de compte rendu (CR) sont lus à haute voix. Ex: frottis satisfaisant pour évaluation ; zone de jonction présente (ou absente selon le cas).
            La codification ADICAP est rappelée : mieux vaut ne plus employer le code 0V90 mais utiliser de préférence le code 0P18 quand il n’y a pas de cellule endocervicale.
 
Cas 5 permet de préciser le terme d’hyperkératose : simple excès de maturation sans dysplasie ni signe spécifique de virose associée. Il a été décidé par le groupe de signaler cette anomalie cellulaire dans le CR quand elle est importante (> 10 cellules). Un contrôle cytologique à 6 mois paraît justifié dans ce cas. Si ce signe persiste au delà de 6 mois, un test HPV ou une colposcopie peut être indiquée.
 
Cas 6 permet de mieux définir les termes de dyskératose, parakératose et hyperkératose.
 
Hyperkeratose (sous entendu orthokératosique) = squame sans noyau avec parfois une zone centrale claire (emplacement du noyau qui a disparu ).
Parakératose = cellule superficielle orangeophile souvent de petite taille, avec noyau pycnotique ou s’effaçant
Dyskératose = forme anormale de kératinisation caractérisée par toute anomalie de forme, de coloration du cytoplasme et/ou du noyau. ex : dyskératose bénigne de la ménopause (cellule parabasale orangeophile à noyau pycnotique) ou dyskératose virale (cellule intermédiaire de taille variable, parfois « miniature », à cytoplasme orangeophile et dense, à noyau condensé ou délavé, mono ou plurinucléée). En cas d’anomalies cytonucléaires importantes, type cellules fibres, on peut employer le terme de dyskératose péjorative et coder le frottis en ASC-H (FCGC0G12).
 
            Cas 14 et 15 soulèvent le problème de la distinction entre l’origine glandulaire ou malpighienne de certains placards cellulaires présentant des atypies suspectes d’une lésion de haut grade. Il est recommandé de privilégier le diagnostic d’ASC-H (c’est à dire suspicion d’une lésion malpighienne de haut grade) et donc d’éviter le diagnostic d’AGC suspectes de néoplasie endocervicale sur de tels placards si on ne détecte pas :
- de forme cellulaire cylindrique
- de noyaux anguleux
- de nucléole
.
            Cas 20 : diagnostic d’adénocarcinome in situ de l’endocol : placards peu denses, différenciation glandulaire évidente (cellules cylindriques, noyaux déjetés), membrane nucléaire qui se superpose à la membrane cytoplasmique d’un des pôles de la cellule, pas de nucléole visible mais une chromatine microgranuleuse inhabituelle. Très bonne concordance cyto-histologique. Intérêt de p16 discuté à propos de ce cas.
 
            Cas 25 : identification de cellules endométriales dans un frottis de début de cycle avec hémorragie. Si doute, faire recontrôler en milieu de cycle.
 
            Cas 29 : artefact lié à un matériel exogène limitant la qualité du frottis à coder 0V40
 
 
            Réunion 1 du groupe 2 – janvier 2005
 
            Avant de débuter la lecture, l’usage de plusieurs termes a été débattu.
« Dystrophie » = mieux vaut utiliser le terme d’anomalies ou modifications réactionnelles. Peuvent nécessiter parfois un frottis de contrôle après traitement anti-inflammatoire ou hormonal. « ASC-US » ne doit pas être utilisé pour les dystrophies en particulier celles de la ménopause
 
« CIN ou dysplasie » : d’après le consensus français de 1991 à Tolbiac, les 2 terminologies peuvent être utilisées dans un compte rendu de frottis. Selon Bethesda, utiliser le terme de LMI (lésion malpighienne intra-épithéliale) de bas grade ou haut grade ne dispense pas de préciser, quand on le peut, le degré de la dysplasie (DL, DM, DS) ou de la néoplasie (CIN1, 2, 3).
 
Cas 1 : desquamation en placards d’une CIN 3 : noter l’anisocaryose variable des placards.
 
Cas 2 : les références bibliographiques à ce sujet seront adressées aux participants. (reaction macrophagique à corps étranger).
 
Cas 3 : il est préférable d’utiliser le terme de « vaginose bactérienne » dans un compte rendu cytologique que celui de cervico-vaginite à gardnerella. Un texte sur cette pathologie a été rédigé et sera transmis aux participants.
 
Cas 5 : définition de parakératose et hyperkératose . Si plus de 10 cellules à contrôler (idem 1er groupe) par un nouveau frottis dans les 6 mois.
 
Cas 6 : définition de la dyskératose virale   
            Si diagnostic de virose pour la première fois : surveillance à 6 mois ou colposcopie d’emblée (rappel ANAES)
                                              
Cas 7 : le groupe se met d’accord et préfère le diagnostic d’anomalies réactionnelles post chimiothérapie plutôt que celui d’ASC-US (post chimio ?), disparition à 1 an. Adresser références bibliographiques
           
Cas 10 : dyskératose virale. Condylome + dysplasie légère ne pas utiliser 0D40, donner un code virose + code dysplasie FCGC0I90 + FCGC0D10
 
Cas 12  : dysplasie sévère : ne pas dire dysplasie à petites cellules .
 
Cas 14 - 15 : faux aspect de dyskératose lié a une nécrobiose cellulaire. Le diagnostic a été porte sur pièce opératoire -> carcinome séreux du péritoine + AIS endocol
rappel d’immunophénotype :
un cancer épidermoïde est CK5 +, le nombre de cellules CK7 + augmente quand le cancer épidermoïde se dédifférencie.
ADK endomètre est CK5 - CK7 + ACE -
ADK endocol est CK5 - CK7 + ACE +
 
Cas 16 : rappel de l’aspect des cellules endométriales : cellules de petite taille, noyau de forme variable avec une chromatine tigrée ou mouchetée, desquament souvent en placards denses « en chapeau mexicain » : placard plus dense au centre qu’en périphérie.
 
Cas 19 : condylome + mycose, FCGC0D00 peut-on écrire dans un CR, CIN1 à 2 ? il est préférable de répondre : lésion intra épithéliale dont le grade est difficile à préciser, au besoin à revoir après traitement si inflammatoire
 
Cas 20 : cellules cylindriques, noyau déjeté, perte de la mucisécrétion, ce n’est pas la chromatine de cellules glandulaires normales = AGC SAI ? suspectes ? A la biopsie : perte mucisecrétion au bleu alcian, mitoses ++, pluristratification (le Dr SIANI fait référence à un score pour grader les dysplasies de l’endocol. Ce score est adressé à tous les participants).
 Immuno : Mib1 + sur tous les noyaux, P16 surexprimée par toutes les cellules = ADK in situ.
Attention : l’endomètre normal peut présenter une positivité focale avec l’anticorps dirigé contre P16
 
Cas 21 : CIN3 et AGC. Sur la biopsie et conisation : CIN3 + AIS. Sur un frottis qui présente des anomalies cellulaires en faveur d’une carcinome malpighien in situ, il est souvent difficile de faire la distinction entre la coexistence d’un adénocarcinome in situ ou la présence de cellules glandulaires déformées par la colonisation des glandes par la dysplasie malpighienne. Si on observe une mitose au niveau de cellules glandulaires = hautement suspect d’un AIS
 
Cas 25 : cellules endométriales. Si doute faire une réponse nuancée : (ex : compte tenu de la date du cycle, présence de cellules pouvant poser le problème de cellules endométriales à revoir) et ne pas utiliser le terme d’AGUS OU AGC SAI car inquiète d’emblée le gynécologue (risque de surtraiter par chirurgie des cas « bénins »)
 
Cas 26 : anisocaryose et binucléations physiologiques des cellules endocervicales. Diag : métaplasie, 0P50
           
Cas 30 : ce n’est pas une récidive précoce mais une résection non in sano prouvée par la relecture de la conisation qui retrouve un foyer de CIN3 sur la limite d’exérèse externe d’un seul plan de coupe.
 
 
A la fin de la séance de travail, une nouvelle lecture des cas avec la solution a été souhaitée par la plupart des membres du groupe. Mais il a été difficile de réaliser à nouveau un envoi des lames (un seul participant a pu relire les cas après correction). Il a été recommande aux participants de revoir plusieurs fois les images numérisées disponibles sur le site ou sur CD.
 
Est également émis le souhait commun des participants de pouvoir disposer du thesaurus ADICAP et d’un abonnement à Acta Cytologica.
Un lien avec le site de l’ADICAP a donc été créé sur le site internet de l’AMPADC et permet aux membres de disposer en ligne du thesaurus ADICAP.
Par ailleurs, un tableau des principaux codes utiles pour les frottis du col utérin a été élaboré et transmis à chaque participant (annexe 2).
 
 
Réunions 2 du groupe 1 – mai 2005 et du groupe 2 – avril 2006
 
 
Cas 1 : métaplasie malpighienne : discussion sur la codification ADICAP 0P50 0P51 0P52 0P53
 
Cas 3 : cellules isthmique post conisation : attention aux faux positifs
 
Cas 4 : présence de placards tumoraux avec une différenciation glandulaire assez nette : noyau déjeté, forme plus ou moins cylindrique. Pas de disposition en « plumes ». Diagnostic = AIS confirmé sur biopsie
 
Cas 6 : condylome avec importante réaction inflammatoire
 
Cas 13 : bien analyser les modifications de la chromatine des cellules endocervicales. Ces anomalies sont déterminantes pour évoquer une néoplasie et non de simples dystrophies.
 
Cas 14 :cervicite folliculaire. Y penser en présence de coulées ou amas de petites cellules a noyau rond : attention de ne pas les prendre pour des cellules d’un CIS.
 
 

 
CIN3
Cervicite folliculaire
présentation
Cellules ségrégées ou en placards (aspect pseudosyncitial +/- cohésion cellulaire)
Cellules ségrégées
cytoplasme
Plus ou moins abondant, basophile, parfois orangeophile au Papanicolaou
Peu abondant, moins basophile au Papanicolaou
noyau
Anisocaryose et poikylocaryose, forme parfois anguleuse avec incisures, hyperchromatisme
Anisocaryose, noyau de forme arrondi, chromatine plus ou moins granuleuse
Signes associés
Signe d’infection a HPV
Macrophages au corps tingibles

Cas 16 : métaplasie tubaire ou isthmique
 
Cas 25 : AGC SAI. Il n’est pas rare que ce terme inquiète exagérément le clinicien qui a en charge la patiente. Selon l’age de la patiente, il propose parfois une hystérectomie pour être totalement rassuré. Dans ce cas, il n’y avait pas de modifications de la chromatine mais seulement une anisocaryose (contrairement au cas 13 qui montrait des modifications de la chromatine).
 
               
 
3 – Test KAPPA établi pour chaque groupe de travail

Le calcul du Kappa (coefficient de concordance) a été établi de 2 façons pour chaque groupe de travail par le Dr Didier Fabre (DIM).
Un premier calcul prend en compte tous les types de diagnostics et établit le coefficient de concordance stricte.
Un second calcul a été effectué après avoir regroupé les diagnostics qui entraînent une conséquence identique pour le patient.

 
 
 
 
 
 

Groupe 1 - session 1
- cœfficient de concordance stricte : Kappa = 0.36 (concordance "médiocre")
- coefficient de concordance élargie Kappa = 0.41 (concordance"modérée")

Groupe 2 – session 1
- coefficient de concordance stricte -> Kappa = 0.47 (concordance "modérée")
- coefficient de concordance élargie -> Kappa = 0.55 (concordance"modérée")

 
Lors de ces premières sessions de travail, les valeurs extrêmes du coefficient de concordance Kappa, obtenues par les 2 groupes, sont égales à 0.36 et 0.55. La concordance apparaît donc de qualité médiocre ou modérée.
 
 
 
Groupe 1 - session 2
- cœfficient de concordance stricte -> Kappa = 0.51 (concordance modérée)
- coefficient de concordance élargie -> Kappa = 0.59 (concordance modérée)


Groupe 2 – session 2
- coefficient de concordance stricte -> Kappa = 0.51 (concordance modérée)
- coefficient de concordance élargie -> Kappa = 0.57 (concordance modérée)

Lors de ces deuxièmes sessions de travail, les valeurs extrêmes du coefficient de concordance Kappa, obtenues par les 2 groupes, sont égales à 0.51 et 0.59 ce qui correspond a une concordance modérée
 
 
Ainsi, cet indicateur Kappa a évolué au cours du projet ; on constate  :
-          une amélioration de la valeur du kappa obtenue par chaque groupe
-          une homogénéisation de la performance réalisée par les 2 groupes et qui est attestée par la quasi-disparition des écarts de la valeur du kappa constatés lors des premières sessions de travail
 
 
B – Initiation a une technique de frottis en milieu liquide et essai de faisabilité en Midi Pyrénées
 
Cette partie du projet a pour but de faire connaitre aux pathologistes de Midi Pyrénées et à leurs correspondants (gynécologues, généralistes) un procédé en milieu liquide.
 
Elle comporte deux phases ;
-          a) une formation des pathologistes à la lecture des frottis monocouches
-          b) une distribution du matériel (instrument de prélèvement et flacon de recueil) avec mise a disposition de l’automate aux participants volontaires
 
Ainsi, un nouveau groupe de travail s’est constitué afin d’étudier la reproductibilité inter-observateur selon la même méthode décrite pour les frottis traditionnels.
 
 
a) Formation à la lecture des frottis monocouches
 
Cette formation a été pour la plupart des pathologistes de la région Midi-Pyrénées, une initation et une première approche de la lecture des frottis en milieu liquide.
Deux réunions de travail ont eu lieu, en mars et septembre 2004,pour l’ensemble des 18 participants du projet en présence de Mr PRAT, représentant de Cytyc.
Le déroulement de la séance est le suivant :
-          Présentation de la technique en milieu liquide commercialisée par Cytyc et utilisant l’automate ThinPrep 2000 (principe-description).
-          Etat actuel de la bibliographie sur le sujet
-          Présentation des images en diapositives de frottis normaux et pathologiques
-          Lecture individuelle de lames avec correction au microscope multitête.
 
b) Distribution du matériel et mise a disposition de l’automate aux participants
 
Le récapitulatif des mouvements de l’automate ThinPrep 2000 montre que 9 structures anatomopathologiques soit 14 pathologistes ont participé à cette évaluation.
 
Du 15/11/2003 au 14/01/2004 : Drs Anzieu-Rives, Auch, 1000 tests effectués
 
Du 14/01/04 au 06/04/04 : Dr Daste, CHU Purpan, Toulouse, 800 tests effectués
 
Du 06/04/04 au 21/06/04 : Dr Nespoulous, Toulouse, 800 tests effectues,
 
Du 22/06/04 au 09/09/04 : Dr Savit, Cahors, 500 tests
 
Du 09/09/04 au 29/11/04 : Drs Deprade-Alzieu-Chausseray, Blagnac, 500 tests
 
Du 29/11/04 au 27 fevrier 2005 : Dr Jammes, Albi, 500 tests.
 
Du 27 fevrier 2005 au 5 mai 2005 : Dr Siani, Tarbes: 600 tests
 
Du 5 mai au 30 juillet 2005 ; Drs Despax- Rolland Toulouse : 500 tests
 
Du 30 juillet au 30 septembre 2005 : Drs Lacroux – Rique Narbonne : 500 tests
 
 
 
C – Evaluation de la lecture des frottis en milieu liquide (frottis monocouches)
RESULTATS – CODIFICATION – RECOMMANDATIONS - REPRODUCTIBILITE
 
            Au terme de cette deuxième partie du projet, un nouveau groupe de participants s’est volontairement constitue afin de participer a l’évaluation de la reproductibilité inter-observateur sur frottis monocouches. Il s’agit des docteurs :
Bernard Anzieu
Nicole Deprade
Jacques Cornac
Martine Nespoulous
Francoise Perraudeau
Véronique Rolland
Teresa Savit
 
Réunion 1 du groupe « monocouche » - décembre 2005 
 
 
Cas 1 : CIN1 + CONDYLOME diagnostic assez consensuel – Discussion sur la dysplasie et le condylome
 
Cas 2 : LMI de haut grade. Certains membres du groupe préfèrent employer l’acronyme anglais SIL (squamous intra epithelial lesion : HSIL = haut grade LSIL = bas grade) tel qu’il apparaît dans le texte originel du système de Besthesda
 
Cas 4 : nécrose, diathèse tumorale, dyskératose d’un carcinome épidermoïde infiltrant
 
Cas 5 : actinomycose ? Inflammation +++
 
Cas 6: nécrose particulière, microgranuleuse d’un carcinome épidermoïde infiltrant (E7T0 en code ADICAP histologie, 0C40 en cytologie)
 
Cas 7 : CIN3, haut grade, mélange bas grade, noter la coloration «violette » des cellules
dysplasiques assez particulière aux frottis monocouches et qui peut représenter une aide au diagnostic. A noter qu’elle manque parfois.
 
Cas 8 : perle cornée avec cellules koïlocytaires 
 
Cas 10 : cellules ciliées sur un frottis normal. A propos de ce cas a été posée une question :
Pourquoi peut-on trouver après une hystérectomie totale, des cellules ciliées sur un frottis de la tranche vaginale ?
Réponse : au cours de l’hystérectomie, le chirurgien fixe parfois le fond vaginal sur la trompe et inclus ainsi un fragment de muqueuse tubaire sur la cicatrice d’ou la présence de cellules ciliées
 
Cas 11 : ménopause débutante, dystrophique, dyskératose ou parakératose
Lors d’un frottis de ménopause atrophique, parler d’autolyse et non de cytolyse, ce dernier terme étant réservé à la cytolyse à Doderlein
 
Cas 12 : Candidose. En codification ADICAP, on peut différencier une mycose sans réaction inflammatoire d’une mycose avec réaction inflammatoire.
 
Cas 14 : aspect du noyau associé au traitement par Tamoxifène donc trouble de maturation, donc modifications réactionnelles liées à la thérapeutique et non ASCUS
 
Cas 15 : ortho et parakératose à recontroler
 
Cas 16 : leptothrix, bacille long, fin en forme de vermicelle, saprophyte
 
Cas 18 : modification réactionnelles peut être mycose. Si cellules mitées, lysées, rechercher mycose. Si mycose associée à des modifications cellulaires, ne pas hésiter à faire recontroler
 
Cas 19 : haut grade, HPV + bas grade, petite nécrose pas sympathique
 
Cas 20 : cervicite folliculaire : association fréquente au trichomonas, chlamydiae, contexte ménopausique
 
Cas 21 : cellules endométriales
 
Cas 23 : haut grade (CIN2) + bas grade
 
 
A la place de « dystrophie » préférer le terme de « modifications réactionnelles » secondaires à l’inflammation
 
Particularite d’une cellule fibre d’un carcinome epidermoide infiltrant par rapport a une autre cellule fibre SAI : dans le carcinome infiltrant, le noyau touche la membrane cellulaire
 
A propos de la diathèse tumorale présente dans le carcinome infiltrant il est rappelé qu’il existe quatre types principaux de nécrose : ischémique, purulente, caséeuse ou tumorale
 
Différencier les plis /convexes de la membrane d’un noyau « rétracté » des incisures/concaves d’un noyau dysplasique « bourgeonnant ».
 
En cytologie, on ne grade pas le degré d’atypie sur les koïlocytes
 
            Ménopause le terme de dyskératose peut être assimilée à une parakératose
 
            Cellules endométriales : petites cellules, petits noyaux mais de forme variable, noyau « tigré » Atypies glandulaires : d’origine indéterminer ou suspect de néoplasie
 
Il a été demande de mettre sur le site des images de toutes les petites cellules que l’on peut trouver sur un frottis.
 
 
Réunion 2 du groupe 3 – mars 2006 
 
Réunion de travail du 25 mars 2006 : frottis monocouches 2 eme seance
 
 
 
 
 
 
 
 

Groupe « monocouche » - session 1
- cœfficient de concordance stricte : Kappa = 0.68 (concordance "médiocre")
- coefficient de concordance élargie Kappa = 0.76 (concordance"modérée")

Groupe « monocouche » – session 2
- coefficient de concordance stricte -> Kappa = 0.59 (concordance "modérée")
- coefficient de concordance élargie -> Kappa = 0.61 (concordance"modérée")

 
Lors de ces sessions de travail, les valeurs extrêmes du coefficient de concordance Kappa, obtenues par ce groupe, sont égales à 0.59 et 0.76. La concordance apparaît donc de qualité modérée ou .
 
 
D – Données statistiquesdu dépistage des lésions du col utérin en Midi Pyrénées
 
 

GROUPES 1 et 2
 
ANNEES
2002/2003
Nombre total de frottis
Frottis non significatifs en %
Lésions en %
LMI BAS GRADE
LMI HAUT GRADE
ASC-US
ASC-H
ATYPIES GLANDULAIRES
EOA INVASIF
 
 
102 596
 
7.6
 
1.49
 
0.37
 
1.08
 
0.08
 
0.014
 

 
 
 

GROUPES 1 et 2
 
ANNEES
2004/2005
Nombre total de frottis
Frottis non significatifs en %
Lésions en %
LMI BAS GRADE
LMI HAUT GRADE
ASC-US
ASC-H
ATYPIES GLANDULAIRES
EOA INVASIF
 
103 457
0.72
                                                                                                   
2.5
 0.74
0.71
 
0.05
 
0.028
 

 
Analyse des relevés statistiques :
 
On constate :
- une nette diminution des frottis non significatifs
- une augmentation des lésions malpighiennes de bas grade
- une augmentation des lésions malpighiennes de haut grade
- une diminution des atypies (cadre diagnostic d’attente)
 
Ces différences sont statistiquement significatives.
 
E – Création d’un site internet www.cyberpathologie.com en vue de favoriser la communication, l’évaluation et l’homogénéisation des pratiques professionelles
 
Afin d’améliorer la coordination des réunions de travail, la communication des résultats entre les différents groupes de travail et les autres membres de l’AMPADC, a été créer un site internet. Tous les documents (textes, images) sont disponibles sur ce site (adresse : www.cyberpathologie.com)
Il est recommande aux membres de se procurer le pack office Microsoft afin de pouvoir ouvrir et télécharger les documents joints aux mails ou mis sur le site. Une « mailing list » a été établie par le Dr ANZIEU.
     
 
E – EVALUATION
 
1 – Enquete de satisfaction des participants
 
Le dépouillement du questionnaire montre une satisfaction globale excellente (coefficient 5 sur une échelle de 0 a 5). Tous les participants souhaite poursuivre cette démarche sur d’autres prélèvements.
 
2 – Evaluation externe (rapport de Vincent Bataille – ADIMEP)
 
 
E – PERSPECTIVES
 
 1- Agrément de l’AMPADC comme organisme d’EPP et de FMC auprès de l’ HAS et du CN-FMC des médecins libéraux
 
La méthodologie utilisée dans ce travail est assimilable à une évaluation des pratiques professionnelles associée à une action de formation continue.
 
THEME CHOISI : le dépistage cytologique du cancer du col est un problème de santé publique   dont nous voulons évaluer et améliorer la qualité
 
QUESTION : voyons nous tous la même chose et parlons nous tous le même langage lorsque nous lisons un frottis de dépistage ?
 
ACTION ->comparons nos pratiques aux référentiels existants 
CAS TYPES (gold standard)
Système de BETHESDA – actualisation 2001
ADICAP : codification des lésions
ANAES : conduite a tenir devant une patiente ayant un frottis cervico-utérin anormal – actualisation 2002
AFAQAP 1997 VOIR CERCLES DE QUALITE PAGE 348
 
EVALUATION : relevé d’indicateurs : kappa, statistiques, enquête de satisfaction, évaluation externe
 
FORMATION CONTINUE : rappel des images, des signes cellulaires, de la terminologie, des définitions, de la codification et des recommandations avec rédaction et remise de documents textes et images
 
Cette demande d’agrément de l’AMPADC pour l’évaluation des pratiques professionnelles et pour la FMC est en cours.
 
2 - Nouvelle évaluation pour l’année 2006 : les épanchements PLEURAUX et les biopsies PLEURALES
 
3 – Création d’une plate forme pour les frottis de dépistage, commune a differents laboratoires et associant :
- la technique
- le prescreening
- le contrôle de qualité
 

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